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Courrier international : Après Charlie

La médiathèque de Mortagne vous propose depuis 2015 en consultation au sein de son espace presse ou au prêt le magazine Courrier International. Cet hebdomadaire propose de faire découvrir des articles de presse à propos de l'actualité, de la culture et de la société, parus dans le monde entier et traduits en français.

Une grande partie du numéro du 15 janvier 2015 fut consacrée aux attaques terroristes que la France avait subies la semaine précédente, en particulier contre les journalistes de Charle Hebdo, ainsi qu'aux rassemblements qui avaient suivi.  Toute une série d'articles revenant sur ces événements furent ainsi étiquetés "vu de" : vu d'Allemagne, du Royaume-Uni, d'Italie, d'espagne, du Danemark, du Québec, des Etats-unis, d'inde, d'ukraine, du Liban, d'Israël, de Russie, du Pakistan, de Chine, du Sénégal, de Tunisie, du Yémen, de Malaisie,  etc... 

Extraits :
  • El Pais publia le 12 janvier : "Comme dans tous les grands moments, l'Europe a prouvé qu'elle sait réagir lorsque ses valeurs suprêmes, celles qui définissent notre mode de vie, se trouvent menacées".
  • La Presse (Québec) estima que "Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l'intégration déficiente ne causent l'intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l'éteindre. Il n'existe pas de modèle d'intégration intrinsèquement supérieur aux autres. (...) Le Québec opte pour l'interculturalisme, le cousin du multiculturalisme canadien. La France mise sur l'approche républicaine. partout il y a des tensions." (9 janvier)
  • Die Zeit (Hambourg) souligna le fait que "Notre communauté se désagrège sous l'effet d'un cercle vicieux de défiance réciproque. Cette méfiance est source de nouvelles violences, pas seulement de la part des islamistes. (...) Les meurtres en série commis par les militants néo-nazis de la NSU ne remontent qu'à quelques années".
  • L'éditorialiste Beppe Severgnini écrivit dans le Corriere della Sera (Italie) "Celle ci est leur guerre. Une longue guerre, dans laquelle ils devront combattre avec intelligence, patience et fermeté". Ils ; ce sont "les nouveaux européens" nés ce 11 janvier 2015. "Une génération à qui il manquait une grande épreuve. Elle est arrivée : désamorcer l'attaque du fondamentalisme."
  • The Spectator (Londres) considèra que la pression sociale pour soutenir Charlie Hebdo laisse peu de places aux musulmans offensés par les caricatures. "Les musulmans qui ne sont pas attachés à la liberté d'expression (...) ne méritent pas d'être traités comme des gens qui approuveraient le terrorisme. Les considérer de la sorte n'est pas une façon de combattre l'extrémisme, cela ne peut que l'attiser". (8 janvier)
  • The Caravan (New delhi) était allé à la rencontre des français de culture musulmane à Paris en banlieue. L'article daté du 1er janvier débute ainsi : "Les français musulmans sont considérés par beaucoup de leurs compatriotes, dans le meilleur des cas, comme des adeptes d'une culture régressive et, dans le pire des cas, comme des extrémistes en puissance". 
  • Le quotidien local New York Daily News titra sa une ainsi, au lendemain de la marche à Paris du 11 janvier :  "Obama, Biden, Kerry... vous avez laissé tomber le monde". Pour ce tabloid de gauche, il s'agissait d'une absence honteuse à ce rassemblement.
  • L'éditorialiste Ziyad Makhoul écrivit dans L'Orient-Le jour (Beyrouth) : "Si l'assassinat de ces crayons de génie qu'étaient Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et les autres devaient servir à quelque chose, ce ne serait pas à fabriquer cette union nationale génétiquement éphémère et presque mort-née avec la polémique autour de la participation du Front national au rassemblement républicain de dimanche, mais bien plutôt à une véritable dé/restructuration du traitement de la maladie. Les responsables et les autorités religieuses de France ne peuvent plus concevoir leur vision, leur appréhension et leurs (ré)actions face à l'Islam (de France, déjà...) comme ils le faisaient avant le 7 janvier 2015." (9 janvier)
  • Un autre éditorialiste, israélien cette fois, s'exprima sur le site d'information sur le moyen-orient Al-Monitor : "Etant donné que l'Europe prend systématiquement la défense des arabes lors des conflits ou des différents avec israël, le terme "Europe" est presque devenu un gros mot dans les rues israéliennes. Par conséquent nombreux sont les israéliens qui interprètent l'effroyable massacre de Paris comme une sorte de tournant décisif qui pourrait annoncer un remaniement de la stratégie européenne". (8 janvier)
  • La militante des droits de l'homme yéménite Elham Manea expliqua sur le site d'information arabe Shaffaf  "J'ai publié deux caricatures de Mahomet, dont celle où Mahomet dit "Cest dur d'être aimé par des cons". Pourquoi est-ce que je l'ai fait ? Non pas pour insulter quiconque ni pour inciter à la haine. Je suis et je reste déterminée à continuer à me situer à l'intérieur de l'Islam, la religion que j'ai choisie. Si je l'ai fait, c'était pour rappeler que la liberté d'expression n'était pas négociable." (8 janvier)
  • Pour le rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'opposition Novaïa Gazeta (Moscou) la liberté d'expression ne devait pas aller jusqu'à offenser les croyants. "Dans le sermon sur la montagne (sermon de Jésus-Christ dans l'Evangile selon Saint Matthieu), il est clairement question de la nature inaliénable des droits humains. Ces droits aujourd'hui comportent bien sûr le droit à la liberté d'expression et le droit à la liberté de conscience. Ces droits ne doivent pas être érigés l'un contre l'autre. Ils doivent être absolument respectés." (8 janvier)

G.D.

 

 

 

 

 

 

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