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David Bowie, bel album d'adieu

Auteur : Bowie, David
Editeur : Sony Bmg Music Entertainment
Publié : 2015
Type de document : Musique et son
Cote : 2 bow
Résumé : Le 8 janvier 2016, le jour de son 69ème anniversaire, et 2 jours avant sa mort, David Bowie proposait "Blackstar", le 28ème album de sa carrière. Pour concevoir ce nouveau disque, David Bowie s'est enfermé au studio Magic Shop à New York, en compagnie de musiciens jazz locaux. Une réunion qui a mené, d'après le Times, à la conception d'un des albums les plus "étranges" du Thin White Duke, le surnom de David Bowie. Le journal britannique décrit ainsi l'album comme une "longue jam-session de jazz mélangée à des sections rythmiques puissantes dignes des groupes allemands des années 1970 comme Can ou Kraftwerk".

Le dernier disque de David Bowie est particulièrement riche et émouvant. Le premier morceau, "Blackstar" est d'emblée intrigant, avec ses sonorités orientales et une batterie s'orientant vers le jazz. La voix est fragile, l'ambiance et les paroles sont inquiétantes, l'ensemble est envoutant. Le reste de l'album l'est tout autant, même si à chaque titre, le chanteur anglais nous propose une expérimentation différente. Cette couleur jazz est nouvelle chez Bowie, qui pourtant a souvent mélangé les genres tout en restant avant tout lui même. Cela le rapproche à mes yeux, pour ce disque du moins, d'un autre musicien anglais qui a toujours cherché une certaine épure tout en s'inspirant du jazz pour ouvrir les pistes et les horizons, Robert Wyatt.

 

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Avec l'album BLACKSTAR on est constamment sur un fil, la mort est présente, mais l'énergie et la sensibilité de l'artiste ressortent de façon extrêmement poignante. David Bowie est accompagné par un ensemble de musiciens formidables et les titres " 'Tis a pity she was a whore" ou "Sue (Or In a Season of Crime)" méritent plusieurs écoutes successives tant les superpositions sonores sont complexes et dynamiques. "Lazarus" propose une mélodie plus simple mais le morceau est  fort et vibrant.

La chanson commence ainsi "Look up here, I'm in heaven" (Regarde là-haut, je suis au Paradis) pour conclure par "I'll be free, just like that bluebird, oh I'll be free, ain't that just like me" (Je serai libre, comme cet oiseau bleu, oh je serai libre, alors ça me ressemble bien non?). L'album se termine avec "I can't give everything away", titre également très beau, et comme certains l'ont dit, le chanteur est ici plus "crooner", sur une mélodie pop, accompagné par un saxophone partenaire. David Bowie, un artiste exceptionnel, qui achève son parcours de façon magnifique et énigmatique.

Guy Desbouillons - Février 2016