Vous êtes ici

Pather Panchali, film humaniste

Auteur : Ray, Satyajit
Editeur : Films Sans Frontieres
Publié : 2004
Type de document : Vidéo et document projeté
Cote : ved-as apu 1 com
Résumé : L'oeuvre la plus connue du grand réalisateur indien suit la vie jusqu'à l'âge adulte d'un garçon, Apu, dans l'Inde du début du siècle. Du premier film où il a 7 ans et vit pauvrement dans la maison familiale d'un petit village du Bengale en passant par sa vie à Bénarès et la mort de son père dans''L'Invaincu'', jusqu'à la naissance de son enfant dans''Le Monde d'Apu''... ''La complainte du sentier''(1955 - 125 min) : Dans un petit village du Bengale, vers 1910, Apu, un garçon de 7 ans, vit pauvrement avec sa famille dans la maison ancestrale. Son père, se réfugiant dans ses ambitions littéraires, laisse sa famille s'enfoncer dans la misère. Apu va alors découvrir le monde, avec ses deuils et ses fêtes, ses joies et ses drames.

Satyajit Ray s'impose d'emblée comme un grand cinéaste avec ce film tourné pourtant dans des conditions difficiles faute de moyens. Le tournage s'étale sur cinq années, les acteurs sont des amateurs, et l'équipe technique est inexpérimentée. Et puis le sujet est "casse-gueule" : filmer l'innocence de l'enfance sur fond de réalisme dans le Bengale rural des années 20, dans un pays où les films musicaux sont légion déjà à cette époque. C'est grâce à une grande puissance visuelle, à son sens du détail, du cadrage et du rythme, accompagné de la musique enjouée de Ravi Shankar, que le réalisateur nous transporte vers une émotion universelle.

Le film est vraiment charmant et les sourires d'Apu, de sa soeur espiègle, du père animé par ses ambitions littéraires ou de la vielle tante saugrenue et malicieuse viennent adroitement contrebalancer la colère rentrée de la mère face à leurs conditions de vie et à l'absence du père ou l'animosité de la voisine pour cause de chapardages. La dernière partie du film, plus grave,  est poignante et montre le jeune Apu prêt à affronter les difficultés de la vie.

On pourra suivre le personnage en tant qu'adolescent puis adulte dans L'Invaincu et Le Monde d'Apu. Une trilogie humaniste inspirée par Jean Renoir -lequel avait poussé Satyajit Ray à réaliser son film-, le néo-réalisme italien, ou encore à rapprocher de Chaplin, Kurosawa et Ozu. En ce début d'année 2015 à l'atmosphère tendue, il est très bénéfique de se plonger dans ce film sorti il y a tout juste 60 ans (et primé l'année suivante à Cannes). Le regard poétique mélé de compassion que porte le cinéaste indien, lui l'homme de la ville, sur la vie difficile de cette famille rurale au sein de laquelle amour et gaieté persistent, fait du bien.

GD - Janvier 2015