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Quand se termine ce roman...

Auteur : Berthier, Jean
Editeur : Robert Laffont
Publié : 2021
Type de document : Texte
Cote : r ber ici
Résumé : Le narrateur de cette histoire connaît deux grands malheurs. Le premier, c'est d'être veuf, alors qu'il est encore un homme jeune. Le second, c'est de travailler pour la télévision. Il est lecteur de scénarios et s'accroche à son travail, car il ne voudrait pas couler avec Élisa, sa petite fille de dix ans, une merveille. Élisa trouve que son père a beaucoup de qualités, même s'il cuisine mal. Il a lu toutes les histoires du monde, en tout cas de France, et bien des femmes pourraient l'aimer. C'est l'homme le plus mélancolique de Paris, en tout cas de l'arrondissement, et pourtant c'est le père le plus amusant qui soit, et pas seulement au volant de sa voiture. Un jour, c'est sûr, ils monteront dedans et s'en iront. Fuir, là-bas fuir, Paris, la culture, la télévision.On y va, Élisa'Un roman d'une tendresse infinie, drôle et poignant, sur ce qui nous fait tenir debout.

J'ai intitulé ce Coup de coeur "Quand se termine le roman..." car je me suis sentie presque perdue en refermant la dernière page du livre de Jean Berthier. j'aurais bien aimé partir avec Elisa et son papa -dont, au passage, on ne connaît ni le nom ni le prénom, le récit se déroule anonymement à la première personne du singulier. J'aurais bien aimé les accompagner vers une vie meilleure, car c'est sûr, en quittant Paris, ils laissent derrière eux le deuil impossible à faire, le monde féroce de la télévision, la précarité... 

C'est un roman du quotidien où se mêlent la fragilité humaine et la force de l'amour, et malgré les difficultés qu'il affronte, notre héros anonyme n'exprime ni colère, ni revendication. L'essentiel pour lui est de préserver sa petite fille et lui offrir un avenir le moins mauvais possible. Tout cela raconté par une plume précise -où le pathos n'a pas sa place-, mais néanmoins sensible qui donne envie de prendre les personnages par la main. C'est sûr, Jean Berthier sait nous toucher non pas là où ça fait mal, mais là où l'on a envie de devenir meilleur. "Il faudrait avoir regardé beaucoup de téléfilms avant de commencer à vivre" écrit-il à la fin du livre. Peut-être faut-il également lire beaucoup de romans afin de mieux vivre, de bons romans comme celui-ci que je ne suis pas près d'oublier.

NLB